lundi 7 avril 2008

Tempête et accalmie

Mon rythme a sérieusement baissé, comme je m'y attendais, mais je vais essayer de m'en tenir au moins a deux mises à jour mensuelles ou plus jusqu'à la fin du voyage (plus que deux mois...) Pour commencer je remercie ceux qui m'ont envoyé des lettres, ça fait extrêmement plaisir, et j'y répondrai très bientôt.


Donc je partais il y a deux semaines vers la retraite du département d'ingénierie biologique (auquel j'appartiens, enfin assez pour squatter la retraite) Cela se passait à Durham où se trouve l'université du New Hampshire. Bon pour résumer c'est un bled perdu en pleine forêt que fait entièrement vivre l'université. Pour ajouter à notre isolement, c'étaient les vacances pour les étudiants qui étaient fort peu nombreux à occuper les lieux (enfin on en a déduit que c'était Springbreak, mais c'était peut-être l'état normal de l'activité...) Nous étions logés dans un hôtel prévu pour accueillir des conférences et séminaires, et pas dans un dortoir mais dans de spacieuces chambres avec tout le confort moderne et une jolie vue sur les bois et le ruisseau s'écoulant le long de ces rochers depuis des temps immémoriaux.


Le menu de la retraite se divisait entre présentations de posters, conférences et soirées. Il y a aussi eu du foot en salle le deuxième jour (enfin j'aurais pu choisir de faire 5km de course à la place...) Je ne vais pas détailler mes activités des trois jours, mais ce fut un séjour bien reposant pour l'esprit et épuisant pour le corps, les nuits étant courtes et embiérées (enfin j'ai aussi découvert un cocktail intéressant appelé Long Island Iced Tea au cours d'une partie de poker dont on ne vit le bout que grâce à l'épuisement des participants: pour les amateurs c'est vodka, gin, cointreau/triple sec/grand marnier (au choix), rhum, tequila, Sweet 'n Sour, coca, 1 shot de chaque en gros, frappé avant le coca, et c'est tout simplement délicieux) Je n'ai pas compris toutes les conférences, n'ayant pas de connaissance de biologie, mais certaines valaient de venir et voir des travaux achevés ou donnant des résultats aussi intéressants dans notre entourage immédiat est assez motivant. C'était assez drôle aussi de jouer au poker avec le chef du labo (je lui ai pris tous ses jetons au passage) Bref trois jours rafraichissants qui doivent sans doute bien remplir leur fonction de reposer le cerveau des doctorants stressés. Pratique aussi pour faire la connaissance de ses collègues, lancer des projets, etc... Enfin moi j'ai fait ça en touriste comme d'hab' (mais n'étant pas le seul dans ce cas je ne me suis pas senti trop imposteur)


La suite, après une journée de boulot à Boston et un passage réjouissant par le symphonique de Boston, c'était New York.



Alors la c'est une autre affaire. Bon evidemment ce n'est pas de la plus grande originalite d'aller a New-York et de revenir en disant qu'on en a eu plein les mirettes, mais il faut parfois reconnaitre que tout un chacun a tout a fait raison. Marcher des heures durant entre des rangees de buildings dont la porte d'entree fait la taille de la tour Victor Hugo (pour les connaisseurs), passer la soiree dans le village, la matinee dans Central Park, arriver a Manhattan en bateau, tous ces cliches visuels, sonores, rebattus par le cinema americain depuis 60 ans font tellement partie de nous que la promenade adopta l'irrealite d'un long deja-vu. Plus encore que Paris, qui pour le bouseux que je suis fut une revelation (ca existe tout ca?) New-york cristallise les fantasmes urbains et les fantasmes sur l'Amerique, reine des villes et capitale mondiale. Vous me direz "tu fantasmes trop Coco!" et vous n'aurez pas entierement tort. Surtout que pretendre avoir compris quoi que ce soit a la ville en trois jours et en reproduisant pas a pas les circuits touristiques les plus standards serait lourdement naif. Mais l'impression est bien la, et l'attirance, la fascination persistent. J'espere bien y retourner d'ici la fin, et plus tard.

Nous arrivames donc par le plus matinal des bus Fung-Wah qui assurent a prix d'ami la liaison Boston-Chinatown (Dowtown (Manhattan (New York, NY))) Pour situer, ce quartier se trouve a environ 1km de la pointe de Manhattan (qui pointe vers le Sud) sur la rive Est. Premier reflexe, en arrivant, trouver le metro, habitude parisienne et puis notre hotel etait a l'autre bout de Manhattan (cf carte) Le temps etait grisatre tendance pas trop mal, assez chaud pour visiter sereinement. Une fois nos affaires deposees a l'hotel, nous traversames Central Park, photographiant a tour de bras ecureuils, flaques d'eau et immeubles a terrasses caracteristiques des avenues bordant le Park ( ie la 5eme avenue a l'Est et Central Park West, a l'ouest), parmi lesquels je recherchais compulsivement L'immeuble de GhostBusters (celui attaque par Bibendum Chamallow dans une scene dont vous vous souvenez parfaitement inutile de le cacher) Las, si tous lui ressemblent, aucun ne lui correspond... Blague a part, ces immeubles pour ultra-friques ont un fonctionnement tout a fait a part, qui fait d'eux le signe distinctif dont l'occupation permet de se considerer pour la creme de la creme. En gros on ne loue ni n'achete d'appartement dans ces immeubles, on achete des parts d'une societe possedant l'immeuble, pour un montant correspondant a la surface qu'on occupe. Par consequent, les autres occupants de l'immeuble choisissent d'autoriser, ou non, l'entree d'un nouvel actionnaire/occupant, selectionnant leur voisins. On reste entre gens comme il faut voyez vous. Bien entendu, les appartement ont des dimensions defiant l'imagination et des prix... defiant l'imagination (genre 10 millions...) Pour vous faire une idee plus precise, je pense que le mieux c'est de regarder Tout le monde dit I love You de Woody, qui commence par: "on est pas vraiment le genre de famille qu'on voit d'habitude dans les comedies musicales. Pour commencer, on a du fric, et on habite un grand appartement sur Central Park West...") Le but de la traversee etait de rejoindre le Met (Metropolitan Museum of Art), un des plus grands musees du monde, pour en entreprendre une visite rapide. Apres nous etre restaures (Burger no1) nous nous lancames a l'assaut du geant. Bon c'etait peine perdue, on n'a vu que la collection egyptienne, les instruments de musique et la peinture du XIXeme (enfin Benjamin etait plus en jambes, il a pu voir une expo moderne, l'expo Courbet qui etait a Paris jusque debut Janvier (je l'avais vu) et passer rapidement sur la peinture europeenne du XVIIeme) Bon je ne vais pas vous faire la visite du musee, qui serait fastidieuse et mes commentaires sans interet, de toute facon vous pouvez la faire ici . La collection est immense et magnifique. Je vous mets juste les tableaux que j'ai preferes, un Monet beaucoup plus lumineux que cela, ce Van Gogh que je ne connaissais pas, un Cezanne, un Vermeer (ma seule incursion hors du XIXeme fut pour la salle Vermeer. Parenthese dans la parenthese, ce tableau est tres connu (encore plus qu'avant) notamment a cause d'un roman et d'un film qui en sont inspires (La jeune fille a la perle), le film ayant pour vedette, que dis-je, deesse, Scarlett Johannson. Je n'avais pas vu l'original avant ce voyage. Je m'attendais a retrouver l'image que je connaissais, mais elle n'a rien a voir, sa beaute est bien superieure, envoutante, pour tout dire ce regard et ce sourire donnent envie de rentrer dans le tableau, de tomber amoureux. Plus que l'image du film, c'est la source d'energie narrative que j'ai retrouve ici, le point de depart d'un reve. Fin de la parenthese) Selection arbitraire et qui fera rigoler les connaisseurs, mais bon... De toute facon il y a dans la plupart des salles de quoi passer quelques heures.

On a retrouve pour la soiree Pierre-Alain, normalien base a New-York (i.e. qui passe ses week-ends a chapeauter les autre normaliens de la cote Est venus visiter la grosse pomme), dans l'East Village, haut lieu de vie nocturne. Bon je vous fais pas un dessin; quelques bars plus loins on a ete pris en photo par une artisto-journaliste qui voulait absolument mettre en parallele les Converses de Pierre-Alain avec une poubelle en feu (probablement une metaphore genre "consumerisme et decadence de New-York") Je ne sais pas si les photos ont ete transmises a qui de droit finalement mais j'ai un doute vu la fille en question. Pour finir par un bar en sous sol (je n'avais jamais bu avec si peu d'air au dessus de ma tete) et un retour difficile a l'hotel.


Je publie le message tel quel, parce que je manque un peu de temps pour ecrire la suite et enrichir de photos, mais ca viendra...

SeeU