lundi 7 avril 2008
Tempête et accalmie
Donc je partais il y a deux semaines vers la retraite du département d'ingénierie biologique (auquel j'appartiens, enfin assez pour squatter la retraite) Cela se passait à Durham où se trouve l'université du New Hampshire. Bon pour résumer c'est un bled perdu en pleine forêt que fait entièrement vivre l'université. Pour ajouter à notre isolement, c'étaient les vacances pour les étudiants qui étaient fort peu nombreux à occuper les lieux (enfin on en a déduit que c'était Springbreak, mais c'était peut-être l'état normal de l'activité...) Nous étions logés dans un hôtel prévu pour accueillir des conférences et séminaires, et pas dans un dortoir mais dans de spacieuces chambres avec tout le confort moderne et une jolie vue sur les bois et le ruisseau s'écoulant le long de ces rochers depuis des temps immémoriaux.
Le menu de la retraite se divisait entre présentations de posters, conférences et soirées. Il y a aussi eu du foot en salle le deuxième jour (enfin j'aurais pu choisir de faire 5km de course à la place...) Je ne vais pas détailler mes activités des trois jours, mais ce fut un séjour bien reposant pour l'esprit et épuisant pour le corps, les nuits étant courtes et embiérées (enfin j'ai aussi découvert un cocktail intéressant appelé Long Island Iced Tea au cours d'une partie de poker dont on ne vit le bout que grâce à l'épuisement des participants: pour les amateurs c'est vodka, gin, cointreau/triple sec/grand marnier (au choix), rhum, tequila, Sweet 'n Sour, coca, 1 shot de chaque en gros, frappé avant le coca, et c'est tout simplement délicieux) Je n'ai pas compris toutes les conférences, n'ayant pas de connaissance de biologie, mais certaines valaient de venir et voir des travaux achevés ou donnant des résultats aussi intéressants dans notre entourage immédiat est assez motivant. C'était assez drôle aussi de jouer au poker avec le chef du labo (je lui ai pris tous ses jetons au passage) Bref trois jours rafraichissants qui doivent sans doute bien remplir leur fonction de reposer le cerveau des doctorants stressés. Pratique aussi pour faire la connaissance de ses collègues, lancer des projets, etc... Enfin moi j'ai fait ça en touriste comme d'hab' (mais n'étant pas le seul dans ce cas je ne me suis pas senti trop imposteur)
La suite, après une journée de boulot à Boston et un passage réjouissant par le symphonique de Boston, c'était New York.
Alors la c'est une autre affaire. Bon evidemment ce n'est pas de la plus grande originalite d'aller a New-York et de revenir en disant qu'on en a eu plein les mirettes, mais il faut parfois reconnaitre que tout un chacun a tout a fait raison. Marcher des heures durant entre des rangees de buildings dont la porte d'entree fait la taille de la tour Victor Hugo (pour les connaisseurs), passer la soiree dans le village, la matinee dans Central Park, arriver a Manhattan en bateau, tous ces cliches visuels, sonores, rebattus par le cinema americain depuis 60 ans font tellement partie de nous que la promenade adopta l'irrealite d'un long deja-vu. Plus encore que Paris, qui pour le bouseux que je suis fut une revelation (ca existe tout ca?) New-york cristallise les fantasmes urbains et les fantasmes sur l'Amerique, reine des villes et capitale mondiale. Vous me direz "tu fantasmes trop Coco!" et vous n'aurez pas entierement tort. Surtout que pretendre avoir compris quoi que ce soit a la ville en trois jours et en reproduisant pas a pas les circuits touristiques les plus standards serait lourdement naif. Mais l'impression est bien la, et l'attirance, la fascination persistent. J'espere bien y retourner d'ici la fin, et plus tard.
Nous arrivames donc par le plus matinal des bus Fung-Wah qui assurent a prix d'ami la liaison Boston-Chinatown (Dowtown (Manhattan (New York, NY))) Pour situer, ce quartier se trouve a environ 1km de la pointe de Manhattan (qui pointe vers le Sud) sur la rive Est. Premier reflexe, en arrivant, trouver le metro, habitude parisienne et puis notre hotel etait a l'autre bout de Manhattan (cf carte) Le temps etait grisatre tendance pas trop mal, assez chaud pour visiter sereinement. Une fois nos affaires deposees a l'hotel, nous traversames Central Park, photographiant a tour de bras ecureuils, flaques d'eau et immeubles a terrasses caracteristiques des avenues bordant le Park ( ie la 5eme avenue a l'Est et Central Park West, a l'ouest), parmi lesquels je recherchais compulsivement L'immeuble de GhostBusters (celui attaque par Bibendum Chamallow dans une scene dont vous vous souvenez parfaitement inutile de le cacher) Las, si tous lui ressemblent, aucun ne lui correspond... Blague a part, ces immeubles pour ultra-friques ont un fonctionnement tout a fait a part, qui fait d'eux le signe distinctif dont l'occupation permet de se considerer pour la creme de la creme. En gros on ne loue ni n'achete d'appartement dans ces immeubles, on achete des parts d'une societe possedant l'immeuble, pour un montant correspondant a la surface qu'on occupe. Par consequent, les autres occupants de l'immeuble choisissent d'autoriser, ou non, l'entree d'un nouvel actionnaire/occupant, selectionnant leur voisins. On reste entre gens comme il faut voyez vous. Bien entendu, les appartement ont des dimensions defiant l'imagination et des prix... defiant l'imagination (genre 10 millions...) Pour vous faire une idee plus precise, je pense que le mieux c'est de regarder Tout le monde dit I love You de Woody, qui commence par: "on est pas vraiment le genre de famille qu'on voit d'habitude dans les comedies musicales. Pour commencer, on a du fric, et on habite un grand appartement sur Central Park West...") Le but de la traversee etait de rejoindre le Met (Metropolitan Museum of Art), un des plus grands musees du monde, pour en entreprendre une visite rapide. Apres nous etre restaures (Burger no1) nous nous lancames a l'assaut du geant. Bon c'etait peine perdue, on n'a vu que la collection egyptienne, les instruments de musique et la peinture du XIXeme (enfin Benjamin etait plus en jambes, il a pu voir une expo moderne, l'expo Courbet qui etait a Paris jusque debut Janvier (je l'avais vu) et passer rapidement sur la peinture europeenne du XVIIeme) Bon je ne vais pas vous faire la visite du musee, qui serait fastidieuse et mes commentaires sans interet, de toute facon vous pouvez la faire ici . La collection est immense et magnifique. Je vous mets juste les tableaux que j'ai preferes, un Monet beaucoup plus lumineux que cela, ce Van Gogh que je ne connaissais pas, un Cezanne, un Vermeer (ma seule incursion hors du XIXeme fut pour la salle Vermeer. Parenthese dans la parenthese, ce tableau est tres connu (encore plus qu'avant) notamment a cause d'un roman et d'un film qui en sont inspires (La jeune fille a la perle), le film ayant pour vedette, que dis-je, deesse, Scarlett Johannson. Je n'avais pas vu l'original avant ce voyage. Je m'attendais a retrouver l'image que je connaissais, mais elle n'a rien a voir, sa beaute est bien superieure, envoutante, pour tout dire ce regard et ce sourire donnent envie de rentrer dans le tableau, de tomber amoureux. Plus que l'image du film, c'est la source d'energie narrative que j'ai retrouve ici, le point de depart d'un reve. Fin de la parenthese) Selection arbitraire et qui fera rigoler les connaisseurs, mais bon... De toute facon il y a dans la plupart des salles de quoi passer quelques heures.
On a retrouve pour la soiree Pierre-Alain, normalien base a New-York (i.e. qui passe ses week-ends a chapeauter les autre normaliens de la cote Est venus visiter la grosse pomme), dans l'East Village, haut lieu de vie nocturne. Bon je vous fais pas un dessin; quelques bars plus loins on a ete pris en photo par une artisto-journaliste qui voulait absolument mettre en parallele les Converses de Pierre-Alain avec une poubelle en feu (probablement une metaphore genre "consumerisme et decadence de New-York") Je ne sais pas si les photos ont ete transmises a qui de droit finalement mais j'ai un doute vu la fille en question. Pour finir par un bar en sous sol (je n'avais jamais bu avec si peu d'air au dessus de ma tete) et un retour difficile a l'hotel.
Je publie le message tel quel, parce que je manque un peu de temps pour ecrire la suite et enrichir de photos, mais ca viendra...
SeeU
dimanche 23 mars 2008
Veille de vacances
Un court message, avant de prendre quelques jours de repos (dont on peut discuter s'ils sont mérités), d'abord dans le New Hampshire avec mon département, puis à New York avec Benjamin.
Court message parce que rien de bien nouveau n'est à signaler au cours de ces derniers jours, au delà d'un quotidien fait de laboratoire, de squash, de piscine, de sandwichs steak&cheese (entre autres) de bière et de concert classiques. J'ai essayé de bosser assez efficacement pour être en position de recueillir des données à mon retour. Le programme est prêt et fonctionne, mais je ne suis pas très doué pour réaliser l'expérience (ou bien il y a un problème avec la kinésine qu'on me donne) J'ai plus avancé cette semaine qu'au cours du dernier mois. Heureusement, car je suis déjà au delà du tiers de mon stage, et si je ne m'attendais pas à avoir un monceau de données si tôt, il est toujours stressant d'avoir l'impression de trainer alors que le temps passe... et il passe vite le sagouin.
A signaler tout de même la St-Patrick, la semaine dernière. Le véritable jour était lundi, mais la ville de Boston organisait une parade le dimanche, dans le quartier de South Boston, quartier Irlandais et populaire (disons-le c'est la zone) Evenement sympathique, à mi chemin entre la fête familliale et la beuverie organisée (mais on sait que pour les Irlandais la différence est mince) Voici quelques photos du défilé.
Le lendemain on a voulu la fêter comme il se faut, dans les pubs. Longue errance de bar en bar, à la recherche d'un endroit fêtant dignement ce saint jour. Las, les seuls pubs que nous visitâmes qui avaient organisé des festivités dignes de ce nom étaient, pour l'un, d'entrée payante, pour l'autre, à court de bière! Et ça se prétend Irlandais...
J'ai aussi découvert jeudi, qu'en plus de la French Party, il existait aussi une European Party beaucoup plus sympa et moins pincée, une fête d'étudiants ce coup ci, pas seulement européens d'ailleurs (on a rencontré quelques américains bien bourrés) Tout ça accréditerait-il l'idée selon laquelle les Français sont des connards prétentieux et grégaires? il y a un pas... ;)
Joyeuses Pâques (oui je sais pour vous c'était hier) et gare aux indigestions!
Ciao
mardi 11 mars 2008
Retour et avancées
Donc je m'en étais arrêté à la French Party de Boston, mardi 26 février. On y est allés entre francophones, le coeur plein d'entrain malgré la pluie battante qui tombait, comme la plupart du temps. La fête avait lieu dans un bar que je qualifierait d'huppé, avec des tarifs parisiens (donc rédhibitoires) Lorsque nous sommes arrivés le bar était vide mais s'est rempli progressivement, au rythme effréné de chansons telles que "On va s'aimer" ou encore "Partenaire particulier", signes indéniables que les organisateurs étaient bien français. Au bout d'environ une heure le bar était bondé et la musique à fond, qui malheureusement faisait penser exactement aux soirées que l'on connait, par exemple à l'ENS, sans l'afflux d'alcool qui les fait passer d'habitude. Les gens qu'on a croisé lors de cette soirée étaient plus des jeunes cadres que des étudiants. On est partis pas trop tard pour récupérer le métro,et parce que, tenez-vous bien, Edouard devait lancer une expérience (à 2 heures du matin...)
Bref voici une photo avec dans l'ordre: Wam, Pia, Pierre (mon coloc), Benjamin, Edouard et Gaël
Dès le vendredi matin, nous partions au ski avec le pick-up de Laura (quatrième année du MIT, en stage au labo) avec Ben (du labo) et Laura. Les autres du labo nous ont rejoint le soir, après une journée de ski à Killingdale, dans le Vermont. J'étais équipé avec les moyens du bord, mais ça à fait l'affaire sauf pour les gants, que j'ai du bricoler le lendemain avec un sac plastique et une deuxième paire pour empêcer l'air de rentrer. Il faisait tellement froid que je n'ai pas pu utiliser mon appareil en extérieur, sauf immédiatement après être sorti. Peu de photos, donc.
, assez grand pour 6. Par chance on était 6, 2 autres ayant déclaré forfait au dernier moment. Laura nous a fait un délicieux Chili Con Carne arrosé de litres de bierre (de la Bud Light malheureusement) Je devais être relativement fatigué car je me suis effondré dans un fauteuil à 22h... Sur cette photo vous pouvez voir la consommation de Carlos entre 23h et 1h...
La bière n'aidant pas aux réveils abrupts, et certains en ayant abusé plus que d'autres, nous avons pris le temps d'un vrai petit déjeuner dans un Diner.
Il fallut d'abord passer par dessus les monticules de neige tombés durant la nuit, décoincer la voiture de David, avant de rejoindre un de ces restaurants américains typiques, ou qui sont décorés pour avoir l'air typiques. Un des meilleurs de ma vie je dois l'avouer, avec celui du GlobeTroter Tourist Hotel de Dublin. Ca valait le coup de l'infarctus qui m'attends désormais au coin du bois. On a réussi à démarrer sur les pistes vers midi tout de même, Carlos, Ben, Laura et moi, tandis que David et sa dulcinée, Megan, choisissaient la souffrance du ski horizontal. Superbe journée de ski, et le luxe en plus de revenir en ski, à la fermeture de la dernière remontée, directement à l'appartement (en déchaussant sur le pas de la porte...) Le soir Ben nous a fait un vin chaud aux agrumes certes excellent, mais dont tout l'intérêt est dans sa confection, spectaculaire et flamboyante (au sens propre) David a pris des photos, mais des vraies (avec un appareil de photographe professionnel) qui ne sont pas encore développées. Le dernier jour: pancakes, ski, burrito et long retour vers Boston.
La semaine suivante a surtout été consacrée à travailler, j'ai commencé à faire quelques expériences qui ressemblent à mon objestif, ce qui m'a fait comprendre que mon programme était à coté de la plaque.
Il est peut-être temps que j'explique la teneur de mon projet plus précisément. Donc en gros on étudie la kinésine qui est un protéine de taille réduite qui possède la propriété de pouvoir marcher le long de rails appelés microtubules. Elle ressemble à ça, avec deux pattes (tout à gauche), un long cou, deux têtes (en violet) et deux bras (en vert) qui accrochent les objets à transporter. Au labo, on n'utilise qu'une version raccourcie de la bête, toute la partie droite n'ayant aucune influence sur le mouvement.
Le gros truc du labo, c'est d'observer le comportement mécanique d'une seule molécule à la fois, ce qui permet d'avoir une vérification directe des prédictions. Pour ça on accroche la kinésine d'une part à la microtubule sur laquelle elle doit marcher, et d'autre part sur une bille de verre qu'on peut diriger grâce à un laser. Si la kinesine marche, elle tire la bille qui est retenue par le laser. Voilà une vue super stylée de l'expérience.
On n'en est pas la pour l'instant, mais faire l'expérience a été un grand pas, au moins pour comprendre un peu ce que je fais, et ce que je devrais faire pour que ca marche mieux.
A part ca j'ai pu découvrir que le squash n'était pas seulement un sport pour vieux PDG mais aussi un sport tout ce qu'il y a de plus épuisant, éreintant et amusant, j'ai même investi dans une raquette et des balles. Le MIT a des cours excellents, gratuits, cela va sans dire.
Le week-end a été consacré surtout au repos. J'ai pu découvrir une excellente librairie possédant surtout un rayon francophone plus fourni que bien des librairies françaises (bien plus fourni qu'à Agen par exemple), qui m'a permis de reconsituer mon stock de phrases sans fin en achetant les tomes 5 et et 6 de La Recherche (est-ce bien raisonnable, après avoir passé les 6 derniers mois sur le tome 4, je me le demande, mais l'étranger est favorable à se ressourcer dans les livres francophones) On est allés avec Benjamin dans un club de Jazz de Cambridge, mais le groupe du soir était un peu limite, à part son flutiste de leader (limite ridicule pour certains membres) L'ambiance était sympa cependant.
Et nous voilà en ce début de semaine, où mon programme semble se mettre à marcher. Je tenterai l'expérience fatidique Jeudi, en croisant les doigts. Il y a foule autour du microscope, d'où l'attente...
Je crois que c'est tout pour ce soir
See U
mardi 26 février 2008
Arrêt-minute
Les évènements de la semaine, à part que la France a volé un Oscar (mais on lui en a volé un autre alors ca va), ce furent:
L'eclipse de Lune, que je n'ai même pas vu jusqu'au bout, mais qu'un copain est resté à prendre en photo pendant que nous autres allions voir Juno au cinéma (excellent d'ailleurs, si vous avez l'occasion...) Il avait tout un attirail prévu pour l'occasion, et les photos donnent assez bien.
Le lendemain ou surlendemain nous eûmes une chute massive de neige. Mais contrairement ou grésil fondant que j'avais vu jusqu'ici, celle-ci était légère et romantique, dans le genre de celle qu'on trouve dans les boules en verre, et aussi du genre à faire de belles boules. Les rues ont été dégagées prestement, trop pour pouvoir voir des gens sortir en ski malheureusement. Cependant quelques-uns ont quand même fait du snowboard dans le grand parc de la ville (je n'ai pas de preuve malheureusement) J'ai aussi marché sur de la vraie glace pour la première fois de ma vie (je n'étais pas trop serein à 5 ou 10 cm au dessus de l'eau même en voyant que plusieurs personnes avaient pris les devants)
On a tout de même profité du week-end pour visiter l'aquarium de la ville, assez grand et très joli. Un peu surpeuplé cependant...
Je met aussi des photos du bureau, avant peut-être de prendre le labo plus tard (et les gens qui y travaillent aussi, mais ces photos ont été prises à 9h du matin, pas une heure à sortir un physicien...)
Vous pouvez remarquer sur mon bureau une poche et un café de chez Dunkin Donuts. Alors là que les choses soient claires on peut bien se moquer de la gastronomie américaine, mais les Donuts c'est quand même quelque chose! Dur de s'en passer, rien que d'y repenser j'en salive...
Voilà je vais de ce pas grégariser à la soirée de la communauté française de Boston!
Ciao
mercredi 20 février 2008
suite
Le stage commence a se lancer sérieusment, et j'ai maintenant une perspective assez claire de mon objectif (en tout cas de mon premier objectif, on peut toujours rêver d'une réussite incroyable me permettant d'enchaîner les expériences: le boss m'a annoncé qu'il avait 30 projets en réserve!)
Je n'ai pas posté de nouveau message par absence de nouvelle expérience touristique, le dernier week-end a été marqué par la glande et les actes manqués: 2 visites de musée avortées par renoncement devant une file trop importante, un temps de chien (et plutôt de Saint-Bernard), un peu de retour aux sources gastronomique... J'ai profité un peu des nombreuses boutiques de produits étrangers que l'on peut trouver deci-delà, pour m'offrir quelques plaisirs gustatifs (et les partager), à base de fromages et tomates séchées. Par ailleurs j'ai aussi fait comparer les crêpes françaises aux pancakes locaux à mes comparses, et obtenu une victoire par K.O. absolu à la 3ème reprise.
Je me suis aussi remis sérieusement au sport, piscine et football (enfin soccer pour se faire comprendre des américains) Tout cela occupe bien ma foi...
Je vais essayer de reprendre quelques photos pour la prochaine mise à jour. Ce week-end on va essayer d'être plus organisés pour arriver assez tôt dans les musées. L'affluence du week-end dernier nous a vraiment découragés, mais il faut dire que c'était pour les américains un week-end à rallonge, car lundi était le Presidents' Day, jour où l'on honore Washington et compagnie en ne travaillant pas. Enfin ne reconnaissant pas le président américain je suis quand même aller bosser...
See U
jeudi 14 février 2008
Vrais débuts
J'ai fini par trouver un vélo à acheter pour un prix dérisoire, avec quelques réparations à effectuer. Il me sera sans doute très utile à terme, mais je ne pense pas m'en servir énormément dans l'immédiat, vue la température et l'humidité ambiantes. Hier il a plu une quantité astronomique d'eau. Les rues étaient au bords de l'inondation, impossible de marcher au sec ou que ce soit, et bien sûr les automobilistes pouvaient asperger les pauvres piétons comme bon leur semblait (à quel c... ce mec attends que je l'attrape) On a quand même trouvé le courage d'aller se faire une toile le soir, surtout motivés par la gratuité de la séance (offerte aux élèves du MIT, je sais je me répète) A bien y regarder, on a mieux compris le but de l'opération: avoir quand même quelques spectateurs pour cette daube monumentale qu'est "Jumper". Un des films les plus creux de l'histoire d'Hollywood, et les références en ce domaine sont solides. Tout simplement pas de scénario, un ennui total, même pas divertissant, ce qui est le comble pour un film d'action. D'ailleurs même les scènes d'action étaient totalement loupées... Bref on aura surtout retenu le bon gros sac de Pop-corn et l'énorme Coca (1L) qui firent de ce film une véritable expérience américaine (hem hem).
Benjamin est arrivé à grand peine hier soir; il est même logé au même étage que moi, environ à la même distance qu'à Montrouge. Encore un peu et on reconstitue le B5. Avec le quatrième français (mon supposé futur coturne) qui doit arriver demain on sera juste ce qu'il faut pour jouer à la belote. Difficile d'apprendre l'Anglais dans ces conditions...
See U
dimanche 10 février 2008
Micro-climat
Mercredi fut relativement productif (en tenant compte du fait que personne de mon laboratoire n'était présent...) puisque j'ai réussi à me procurer un frigo, pour 10$ seulement (il y a tellement d'affaire a saisir ici que on est vite tenté par la course aux prix les plus bas) il ne marche pas trop mal, bien qu'il fasse des glaçons à partir de n'importe quel matériau.
Bref ce fut passionant, et alors que j'espérais fébrilement me mettre au boulot avec le retour annoncé des chercheurs Jeudi et Vendredi, ils ne se sont pas montrés le premier jour, fatigués du voyage, et ont été encore moins efficace le Vendredi, arguant sans doute du fait que bon commencer une semaine de travail le Vendredi c'est même plus la peine... Tout cela m'a donc laissé du temps pour achever, et désormais je suis à peu près sur d'avoir tout fait, mon installation et toutes les formalités administratives qui s'en suivent.
Me direz-vous sans doute, il est dommage de n'avoir pas exploité tout ce loisir pour devenir un connaisseur profond de Boston, ses moeurs et ses coins secrets. Vous auriez raison de me tancer de la sorte, mais je vous répondrais avec un soupçon d'hypocrisie que les conditions de ces derniers jours ne m'auront pas permis de vaquer à ma guise dans les rues bostoniennes. Quel être normalement constitué (je veux dire par là né sous la Garonne) pourrait imaginer une telle quantité de neige tomber en permanence, avec des interruptions dignes d'éclaircies bretonnes (courtes et incertaines)?
Par exemple, j'ai tenté cet après-midi (dimanche), d'aller courir un brin du côté d'Harvard, et je suis parti, un peu la fleur au fusil, en simple short et T-shirt, car il faisait un très beau soleil à ce moment-là.
Funeste méprise, sitôt m'étais-je élancé qu'un vent terrible, froid comme la céramique de la baignoire quand on y colle son dos, souffla à contre sens. Cela aurait du éveiller mes soupçons, mais je continuai d'avancer fièrement, un peu dédaigneux des autres coureurs (en rangs clairsemés d'ailleurs) couverts jusqu'aux oreilles. Alors que je m'approchais de la digne institution universitaire, située à environ 3 kilomètres, quelques flocons commençèrent à voltiger deci delà, bientôt changés en véritable tempête. Après quelques instants d'hésitation, je fis demi-tour, mais il était déjà bien tard pour me rendre compte de mon erreur, et une volée de flocons gelés me frappa par le flanc, allant jusqu'à former des congères sur mon mince appareil. Mon bras droit s'en souviendra longtemps. Etrange coïncidence, le blizzard s'arrêta sitôt que je me fus, à grand peine, éloigné d'Harvard de plus d'un kilomètre, un beau soleil éclairant la fin de mon footing. Artifice technologique destiné à éloigner les curieux, manifestation extrême de la solitude glacée des sommets intellectuels, ou simple coup de malchance, je ne saurais le dire.
Las, ce pays n'est pas le mien.
Cependant j'ai mis ces quelques jours à profit pour exploiter un peu les superbes installations communes mises à notre disposition, dont voici un petit exemple: billard, Home Cinéma avec DVDs gratuits à volonté, baby-foot, ping-pong, piano, immense laverie, même un club de gym, et un bar! Difficle d'imaginer ça à Montrouge...
Hier j'ai quand même pu aller au Museum of Fine Arts.
Bien sur l'entrée est gratuite pour les élèves du MIT, comme dans tous les musées de la ville et même à l'orchestre symphonique! On est choyés...
Comme j'apprends qu'on me lit jusqu'à Cauzac, j'ai fait un peu plus littéraire, désolé pour le côté prétentieusement expansif (mais bon je sors de Proust et je suis sous caféine...) Je vous embrasse tous.
See U
mardi 5 février 2008
Super Tuesday
Cependant pour les français du MIT l'évènement de la journée ce n'était pas la primaire dans le Massachusetts mais la venus sur nos terres de notre aimable ex-candidate à la présidence française, j'ai nommé Ségolène Royal, qui venait sentir l'air de la Nouvelle-Angleterre et s'enquérir du fonctionnement des universités américaine. Elle fera d'ailleurs une autre intervention à Harvard Jeudi.
Annoncée à 16h, Ségolène a tenu a respecter le sacro-saint quart d'heure poitevin (encore que Poitevin, le seul, l'unique est d'une ponctualité exemplaire) et a été accueillie a 16h20 environ par une foule nombreuse principalement francophone réunie en amphithéatre.
Après courte présentation, elle a lu un discours en Anglais avec un accent bien frenchy qui n'est pas sans rappeler celui de notre grandiose monarque ("oui are appy to laite you mec monet in france and of course to maïke monet wis you" http://www.youtube.com/watch?v=_Vq_1xt6vuY). Au passage remarquez ses perfides attaques vis-à-vis des grandes écoles (des aristocrates non mais et puis quoi encore...)
Après ce discours d'une demi-heure se tenait une séance de question raccourcie par la principale intéressée, apparemment désireuse de voir autre chose de Boston que ses étudiants français (ses restaurants ? en même temps on la comprend) Il y quand même eu le temps pour un certain nombre de questions aux réponses souvent assez vagues (même si on a bien compris qu'elle a été très impressionnée par le système américain et la liberté qui lui est associée, d'après elle) dont une question sur le renouveau (?) de l'opposition en France.
Coupant court a une série de question dont elle ne semblait pas voir la fin (des étudiants intéressés c'est sympa mais c'est agaçant à la fin) elle a achevé la réunion par un bain de foule inévitable, l'occasion de prendre quelques photos (et de lui adresser la parole pour dire que le sort des doctorants en France m'enfin c'est un vrai scandale! -Oui, oui vous avez raison, mais je dois y aller là...)
Buena Serra
lundi 4 février 2008
oisiveté
Hier j'ai apperçu Harvard en courant, qui a l'air superbe. J'irai plus tard... (visiter les français qui ne vont pas tarder à y arriver)
Je suis retourné dans le centre de Boston, qui m'est apparu beaucoup plus petit que la première fois (sans doute parce que je ne suivait pas une ligne serpentant dans toutes les directions), en regardant un peu plus l'Ouest du centre cette fois-ci. Il y a là Beacon Hill, quartier en pente qui prouve qu'il n'y a pas qu'à Frisco que les jambes des cyclistes sont mises à rude épreuve. Ce quartier est censé être très fleuri, mais bon en Février...
Cela dit j'ai pu voir les récipients supposés à terme accueillir les fleurs, et laissez-moi vous dire qu'il y a là un marché à prendre pour la tonnellerie Georges. Ils ont récupéré des demi-barriques qui sont dans un état lamentable (et il faudra bientôt les changer) Il est temps de passer à l'international, je suis prêt à être le contact local!
A part ca il n'y a pas que des couleurs chatoyantes et des bâtiments charmants à Boston, en témoigne le City hall.
Et aussi cette petite perle d'humour involontaire et noir. Il faut savoir que cette ligne de métro amène à l'aéroport (Boston Logan)
Pardon aux familles tout ça...
See U
et mamie je t'embrasse
dimanche 3 février 2008
A little bit of tourisme
Une petite visite du centre de Boston s'imposait, en ce premier week-end de présence sur le sol de la Nouvelle-Angleterre.
Comme tout bon Français expatrié, j'ai donc pris mon Routard, ma musette et mon appareil photo pour aller arpenter les rues de la vieille cité.
Alors du point de vue historique, Boston est une des plus vieilles villes des USA. On peut voir sur cette photo la tombe du premier gouverneur, né en 1588, et de sa lignée...
La ville a joué un rôle primordial dans la croissance et l'indépendance des USA. La révolution des patriotes, qui s'est soldée par la déclaration d'indépendance, a commencé ici même, par ce qui s'est appelée la Tea Party en 1775 (si j'ai bien compris, les entrepreneurs locaux, excédés des taxes royales sur le thé en ont deversé de quoi faire 32 millions de tasses dans le port, et de là partit la révolution américaine)
Quoi qu'il en soit la ville est marquée par ce caractère historique. Contrairement à ce que l'on peut penser en voyant la vision depuis la mer (des buildings à la New-Yorkaise) le centre est composé d'une multitude de rue relativement étroites (enfin c'est pas Venise quand même) bordées de nombreux bâtiments anciens. La plupart des maisons sont en briques roses, et le tout a un caractère très britannique et extrêmement charmant. L'harmonie entre l'ancien et les nouveaux buildings est assez bien réalisée.
Pour les touristes comme moi il y a une ligne rouge tracée sur le sol et appelée Freedom Trail qui sert de guide entre les bâtiments historiques de la ville. Raconter leur histoire à chacun serait fastidieux, mais c'est une balade plaisante et instructive.
On part du Common Park, assez grand parc très ancien en plein milieu de la vieille ville, puis on serpente dans le centre historique, s'approchant du port sans y aller, avant de bifurquer vers le Nord à travers le quartier Italien (des tas de restos) puis de traverser la Charles River vers Charlestown, où se trouve un bateau antique (et une belle vue de Boston)
Je comptais revenir via un ferry mais je suis arrivé trop tard pour le prendre donc j'ai du refaire le chemin à pied et métro pour revenir, fourbu, au MIT, où Pia et Sarah, deux amies de l'étage nous ont appris (avec Matt, qui habite au troisième, et Gaël, un français rencontré à la cuisine) des jeux de carte assez marrants.
See U
samedi 2 février 2008
Day 2
Carlos m'a connecté avec le réseau de français ici: il m'a amené le soir à une soirée de départ d'un thésard français, où j'ai pu rencontrer une dizaine de compatriotes (il n'aura pas fallu longtemps...) Rassure toi Benjamin on ne sera pas seuls ici...
jeudi 31 janvier 2008
Prise de contact
Le voyage s'est bien passé, long...
J'ai eu la chance d'être placé à coté du hublot sur mon vol Toronto-Boston et d'admirer le coucher du soleil puis l'allumage des villes vu depuis le ciel. Cela fait comme une mer de bougies flottant ca et la sans logique apparente. C'est magnifique, malheureusement je n'avait pas mon appareil...
Je me suis couché direct en arrivant, et je n'ai vu mon coloc que ce matin. Je n'ai pas manqué grand chose en fait, car c'est un informaticien très peu causant, et d'ailleurs il s'en va dans 2 semaines...
Bref j'ai passé la matinée de bureau en bureau pour me faire connaître des services administratifs; je pensais en avoir fini avec la paperasse, mais on me redemande à nouveau tous les papiers qui prouvent que je suis assuré etc etc. En plus le campus est gigantesque, même en se cantonnant à sa partie centrale. J'ai passé ma première heure à arpenter les couloirs à la recherche du bureau d'information; en contrepartie les gens de l'administration sont adorables. La bonne nouvelle c'est qu'il fait un temps magnifique et même pas froid (on voit tout de même quelques tas de neige ça et là, annonciateurs de périodes plus difficiles) Pourvu que ça dure jusqu'au week-end!
J'ai rencontré les gens de mon labo, très sympas bien sûr. Le boss court dans tous les sens mais avec une attitude très nonchalante, c'est assez drôle. Comme je m'y attendais un peu, le programme pour moi, c'est "traîne avec les thésards, fait le larbin et on discutera de ton projet dans quelques temps" Comme en plus les thésards sont à droite à gauche et que ma carte ne me permet pas encore de circuler à ma guise, je suis parti très vite pour faire des courses pour l'appart. De toute façon ils ne s'attendaient pas à me voir aujourd'hui donc c'était du bonus en quelque sorte...
Le supermarché fait assez peur, avec à peu près 5 rayons sur 10 consacrés aux sodas, et un quart de rayon pour les fruits. Pas de viande telle qu'on peut la connaître, juste du bacon et de la dinde séchée, pas de vrai fromage bien sur; seules les pates me permettent de me raccrocher à la vie. J'ai acheté une bouilloire pour faire du thé mais je crois que je l'ai grillée d'emblée en la mettant sur 220V (ce qui est vraiment stupide vu que les prises donnent du 110V: j'ai utilisé un adaptateur pour griller ma bouilloire!) Niveau nourriture ça va être de la survie!
A bientôt
mardi 29 janvier 2008
Veille de départ
J'essaierai au cours de ces 4 mois et des poussières de tenir à jour ce petit journal, avec des photos et tout ce qui s'en suit. Ne m'en voulez pas si les messages commencent à devenir plus espacés vers avril...
Ciao Paris
