Mercredi fut relativement productif (en tenant compte du fait que personne de mon laboratoire n'était présent...) puisque j'ai réussi à me procurer un frigo, pour 10$ seulement (il y a tellement d'affaire a saisir ici que on est vite tenté par la course aux prix les plus bas) il ne marche pas trop mal, bien qu'il fasse des glaçons à partir de n'importe quel matériau.
Bref ce fut passionant, et alors que j'espérais fébrilement me mettre au boulot avec le retour annoncé des chercheurs Jeudi et Vendredi, ils ne se sont pas montrés le premier jour, fatigués du voyage, et ont été encore moins efficace le Vendredi, arguant sans doute du fait que bon commencer une semaine de travail le Vendredi c'est même plus la peine... Tout cela m'a donc laissé du temps pour achever, et désormais je suis à peu près sur d'avoir tout fait, mon installation et toutes les formalités administratives qui s'en suivent.
Me direz-vous sans doute, il est dommage de n'avoir pas exploité tout ce loisir pour devenir un connaisseur profond de Boston, ses moeurs et ses coins secrets. Vous auriez raison de me tancer de la sorte, mais je vous répondrais avec un soupçon d'hypocrisie que les conditions de ces derniers jours ne m'auront pas permis de vaquer à ma guise dans les rues bostoniennes. Quel être normalement constitué (je veux dire par là né sous la Garonne) pourrait imaginer une telle quantité de neige tomber en permanence, avec des interruptions dignes d'éclaircies bretonnes (courtes et incertaines)?
Par exemple, j'ai tenté cet après-midi (dimanche), d'aller courir un brin du côté d'Harvard, et je suis parti, un peu la fleur au fusil, en simple short et T-shirt, car il faisait un très beau soleil à ce moment-là.
Funeste méprise, sitôt m'étais-je élancé qu'un vent terrible, froid comme la céramique de la baignoire quand on y colle son dos, souffla à contre sens. Cela aurait du éveiller mes soupçons, mais je continuai d'avancer fièrement, un peu dédaigneux des autres coureurs (en rangs clairsemés d'ailleurs) couverts jusqu'aux oreilles. Alors que je m'approchais de la digne institution universitaire, située à environ 3 kilomètres, quelques flocons commençèrent à voltiger deci delà, bientôt changés en véritable tempête. Après quelques instants d'hésitation, je fis demi-tour, mais il était déjà bien tard pour me rendre compte de mon erreur, et une volée de flocons gelés me frappa par le flanc, allant jusqu'à former des congères sur mon mince appareil. Mon bras droit s'en souviendra longtemps. Etrange coïncidence, le blizzard s'arrêta sitôt que je me fus, à grand peine, éloigné d'Harvard de plus d'un kilomètre, un beau soleil éclairant la fin de mon footing. Artifice technologique destiné à éloigner les curieux, manifestation extrême de la solitude glacée des sommets intellectuels, ou simple coup de malchance, je ne saurais le dire.
Las, ce pays n'est pas le mien.
Cependant j'ai mis ces quelques jours à profit pour exploiter un peu les superbes installations communes mises à notre disposition, dont voici un petit exemple: billard, Home Cinéma avec DVDs gratuits à volonté, baby-foot, ping-pong, piano, immense laverie, même un club de gym, et un bar! Difficle d'imaginer ça à Montrouge...
Hier j'ai quand même pu aller au Museum of Fine Arts.
Bien sur l'entrée est gratuite pour les élèves du MIT, comme dans tous les musées de la ville et même à l'orchestre symphonique! On est choyés...
Comme j'apprends qu'on me lit jusqu'à Cauzac, j'ai fait un peu plus littéraire, désolé pour le côté prétentieusement expansif (mais bon je sors de Proust et je suis sous caféine...) Je vous embrasse tous.
See U
2 commentaires:
Yo c'est quoi le MIT sincou?
A bé bravo tu fais chier notre bonne ségo avec des questions dont tout le monde se fout " le statut des doctorants en France ?" alors que vous êtes à Boston en train de glandouiller. Alala feignants de chercheurs qui cherchent, qui cherchent mais quoi?? (tu chercherai pas un peu la merde par hasard??) Allez bisous cousin ! Cà fait plaisir de lire tes aventures, continue comme çà, amuses-toi bien et sort un peu le soir chercher la bostonienne. Il faut profiter du voyage pour apprendre la langue du pays...
Dj Repier
T'inquietes je suis dans tous les bons coups, je lache pas la bostonienne je la suis à la trace, elle a des saveurs de parisienne et de bordelaise, avec une robe discrète à la nantaise, le tout enrobé d'une fine touche de sirop d'érable. Y'a pire ;)
MIT = Massachusetts Institue of Technology = la classe mondiale, merde faut suivre un peu
Et alors toi dis moi que tu profites bien de la plus belle ville du monde voire du Sud-Ouest, et de ses charmes plus que multiples...
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