dimanche 23 mars 2008

Veille de vacances

Hi!

Un court message, avant de prendre quelques jours de repos (dont on peut discuter s'ils sont mérités), d'abord dans le New Hampshire avec mon département, puis à New York avec Benjamin.

Court message parce que rien de bien nouveau n'est à signaler au cours de ces derniers jours, au delà d'un quotidien fait de laboratoire, de squash, de piscine, de sandwichs steak&cheese (entre autres) de bière et de concert classiques. J'ai essayé de bosser assez efficacement pour être en position de recueillir des données à mon retour. Le programme est prêt et fonctionne, mais je ne suis pas très doué pour réaliser l'expérience (ou bien il y a un problème avec la kinésine qu'on me donne) J'ai plus avancé cette semaine qu'au cours du dernier mois. Heureusement, car je suis déjà au delà du tiers de mon stage, et si je ne m'attendais pas à avoir un monceau de données si tôt, il est toujours stressant d'avoir l'impression de trainer alors que le temps passe... et il passe vite le sagouin.

A signaler tout de même la St-Patrick, la semaine dernière. Le véritable jour était lundi, mais la ville de Boston organisait une parade le dimanche, dans le quartier de South Boston, quartier Irlandais et populaire (disons-le c'est la zone) Evenement sympathique, à mi chemin entre la fête familliale et la beuverie organisée (mais on sait que pour les Irlandais la différence est mince) Voici quelques photos du défilé.

Le lendemain on a voulu la fêter comme il se faut, dans les pubs. Longue errance de bar en bar, à la recherche d'un endroit fêtant dignement ce saint jour. Las, les seuls pubs que nous visitâmes qui avaient organisé des festivités dignes de ce nom étaient, pour l'un, d'entrée payante, pour l'autre, à court de bière! Et ça se prétend Irlandais...

J'ai aussi découvert jeudi, qu'en plus de la French Party, il existait aussi une European Party beaucoup plus sympa et moins pincée, une fête d'étudiants ce coup ci, pas seulement européens d'ailleurs (on a rencontré quelques américains bien bourrés) Tout ça accréditerait-il l'idée selon laquelle les Français sont des connards prétentieux et grégaires? il y a un pas... ;)


Joyeuses Pâques (oui je sais pour vous c'était hier) et gare aux indigestions!
Ciao

mardi 11 mars 2008

Retour et avancées

Je ne me rendais pas compte que ca faisait si longtemps que je n'étais pas passé laisser un message. Ca défile.

Donc je m'en étais arrêté à la French Party de Boston, mardi 26 février. On y est allés entre francophones, le coeur plein d'entrain malgré la pluie battante qui tombait, comme la plupart du temps. La fête avait lieu dans un bar que je qualifierait d'huppé, avec des tarifs parisiens (donc rédhibitoires) Lorsque nous sommes arrivés le bar était vide mais s'est rempli progressivement, au rythme effréné de chansons telles que "On va s'aimer" ou encore "Partenaire particulier", signes indéniables que les organisateurs étaient bien français. Au bout d'environ une heure le bar était bondé et la musique à fond, qui malheureusement faisait penser exactement aux soirées que l'on connait, par exemple à l'ENS, sans l'afflux d'alcool qui les fait passer d'habitude. Les gens qu'on a croisé lors de cette soirée étaient plus des jeunes cadres que des étudiants. On est partis pas trop tard pour récupérer le métro,et parce que, tenez-vous bien, Edouard devait lancer une expérience (à 2 heures du matin...)

Bref voici une photo avec dans l'ordre: Wam, Pia, Pierre (mon coloc), Benjamin, Edouard et Gaël


Le jeudi suivant on a profité des avantages MIT pour accéder gratis à l'orchestre symphonique. La salle est magnifique, et elle était pleine. Je n'étais pas trop mal placé, loin mais en hauteur, et en tout cas le son est excellent. Ils ont commencé par jouer du Schubert, avec des morceaux magnifiques, puis un chanteur est venu. Ceux qui connaissent un peu n'ont pas du être surpris, mais le chanteur, venu d'Allemagne pour chanter quelques Lieds de Schubert, avait un physique assez impressionnant, à savoir qu'il était nain, avait quatre doigts à chaque main et des membres manifestement déformé. Il est entré sur scène en dandinant avec difficulté, sorti après avoir chanté de la même façon, puis revenu pour recevoir un torrent d'applaudissement bien mérité tant sa performance était excellente. Après la pause il y avait la création d'une nouvelle symphonie qui n'a pas déchainé la salle (une partie était partie pendant il faut dire). Je ne m'avancerai pas à prononcer un jugement... En tout cas j'ai découvert ce genre de concert, et j'y retournerai probablement (surtout gratuit)

Dès le vendredi matin, nous partions au ski avec le pick-up de Laura (quatrième année du MIT, en stage au labo) avec Ben (du labo) et Laura. Les autres du labo nous ont rejoint le soir, après une journée de ski à Killingdale, dans le Vermont. J'étais équipé avec les moyens du bord, mais ça à fait l'affaire sauf pour les gants, que j'ai du bricoler le lendemain avec un sac plastique et une deuxième paire pour empêcer l'air de rentrer. Il faisait tellement froid que je n'ai pas pu utiliser mon appareil en extérieur, sauf immédiatement après être sorti. Peu de photos, donc.


La station était située à relativement basse altitude, en forêt. C'est étrange de trouver de la neige si excellente à peine mille mètres au dessus du niveau de la mer, quand on est habitué aux Alpes ou aux Pyrénées, mais cela n'empêchait pas certaines pistes d'être bien raides. On a pas mal skié le premier jour mais le froid a fini par nous repousser vers l'appartement qui nous était offert (grâce à Laura, à son père plus précisément mais je n'ai pas trop compris les détails)





, assez grand pour 6. Par chance on était 6, 2 autres ayant déclaré forfait au dernier moment. Laura nous a fait un délicieux Chili Con Carne arrosé de litres de bierre (de la Bud Light malheureusement) Je devais être relativement fatigué car je me suis effondré dans un fauteuil à 22h... Sur cette photo vous pouvez voir la consommation de Carlos entre 23h et 1h...




La bière n'aidant pas aux réveils abrupts, et certains en ayant abusé plus que d'autres, nous avons pris le temps d'un vrai petit déjeuner dans un Diner.


Il fallut d'abord passer par dessus les monticules de neige tombés durant la nuit, décoincer la voiture de David, avant de rejoindre un de ces restaurants américains typiques, ou qui sont décorés pour avoir l'air typiques. Un des meilleurs de ma vie je dois l'avouer, avec celui du GlobeTroter Tourist Hotel de Dublin. Ca valait le coup de l'infarctus qui m'attends désormais au coin du bois. On a réussi à démarrer sur les pistes vers midi tout de même, Carlos, Ben, Laura et moi, tandis que David et sa dulcinée, Megan, choisissaient la souffrance du ski horizontal. Superbe journée de ski, et le luxe en plus de revenir en ski, à la fermeture de la dernière remontée, directement à l'appartement (en déchaussant sur le pas de la porte...) Le soir Ben nous a fait un vin chaud aux agrumes certes excellent, mais dont tout l'intérêt est dans sa confection, spectaculaire et flamboyante (au sens propre) David a pris des photos, mais des vraies (avec un appareil de photographe professionnel) qui ne sont pas encore développées. Le dernier jour: pancakes, ski, burrito et long retour vers Boston.

La semaine suivante a surtout été consacrée à travailler, j'ai commencé à faire quelques expériences qui ressemblent à mon objestif, ce qui m'a fait comprendre que mon programme était à coté de la plaque.

Il est peut-être temps que j'explique la teneur de mon projet plus précisément. Donc en gros on étudie la kinésine qui est un protéine de taille réduite qui possède la propriété de pouvoir marcher le long de rails appelés microtubules. Elle ressemble à ça, avec deux pattes (tout à gauche), un long cou, deux têtes (en violet) et deux bras (en vert) qui accrochent les objets à transporter. Au labo, on n'utilise qu'une version raccourcie de la bête, toute la partie droite n'ayant aucune influence sur le mouvement.

Cette propriété fait que la kinésine a pour rôle principal, dans les cellules, de transporter des gros objets d'un bout à l'autre de la cellule, ce qui prend quelques minutes alors que cela prendrait des années (voire des siècles pour des cellules très longues comme celles composant les nerfs) si on laissait faire le hasard. Pour avancer la kinésine a besoin d'énergie, et elle la tire d'une molécule, l'ATP, produite par les "usines à énergie" de la cellule. Le mécanisme de transformation de l'energie d'une molécule en mouvement n'a rien d'évident, et il n'est pas formellement connu. Certains éléments en sont connus cependant, et de nombreuses études sont consacrées à la façon dont la kinesine marche (elle a deux pattes et les avance l'une après l'autre, dans une direction déterminée par la microtubule) Un labo de chimie théorique, en collaboration avec mon labo, a proposé récemment un mécanisme assez détaillé de la partie énergie -> mouvement. Pour vérifer expérimentalement ce mécanisme, une idée est de détruire les parties de la protéine qu'on pense active à telle où telle étape et de vérifier que l'effet est celui qu'on a prévu.
Le gros truc du labo, c'est d'observer le comportement mécanique d'une seule molécule à la fois, ce qui permet d'avoir une vérification directe des prédictions. Pour ça on accroche la kinésine d'une part à la microtubule sur laquelle elle doit marcher, et d'autre part sur une bille de verre qu'on peut diriger grâce à un laser. Si la kinesine marche, elle tire la bille qui est retenue par le laser. Voilà une vue super stylée de l'expérience.

Au bout d'un moment la force exercée par le laser devient trop grande et la kinesine s'arrête. Mon objectif pour le moment c'est d'écrire un programme qui va pouvoir permettre à la kinésine de continuer à marcher en bougeant la microtubule de façon à ce que la force exercée par le laser soit constante. Puis on testera ensuite l'effet de tirer dans l'autre sens, sur les cotés, et on testera des mutants de la protéine pour savoir si on est capable de faire marcher, artificiellement, la kinésine, sans consommation d'égergie, et sans qu'elle possède les parties lui permettant de récupérer de l'énergie. On verra ainsi si ces parties ont une incidence directe sur le mouvement ou si celui-ci peu se faire sans elles.
On n'en est pas la pour l'instant, mais faire l'expérience a été un grand pas, au moins pour comprendre un peu ce que je fais, et ce que je devrais faire pour que ca marche mieux.
A part ca j'ai pu découvrir que le squash n'était pas seulement un sport pour vieux PDG mais aussi un sport tout ce qu'il y a de plus épuisant, éreintant et amusant, j'ai même investi dans une raquette et des balles. Le MIT a des cours excellents, gratuits, cela va sans dire.
Le week-end a été consacré surtout au repos. J'ai pu découvrir une excellente librairie possédant surtout un rayon francophone plus fourni que bien des librairies françaises (bien plus fourni qu'à Agen par exemple), qui m'a permis de reconsituer mon stock de phrases sans fin en achetant les tomes 5 et et 6 de La Recherche (est-ce bien raisonnable, après avoir passé les 6 derniers mois sur le tome 4, je me le demande, mais l'étranger est favorable à se ressourcer dans les livres francophones) On est allés avec Benjamin dans un club de Jazz de Cambridge, mais le groupe du soir était un peu limite, à part son flutiste de leader (limite ridicule pour certains membres) L'ambiance était sympa cependant.
Et nous voilà en ce début de semaine, où mon programme semble se mettre à marcher. Je tenterai l'expérience fatidique Jeudi, en croisant les doigts. Il y a foule autour du microscope, d'où l'attente...
Je crois que c'est tout pour ce soir
See U

mardi 26 février 2008

Arrêt-minute

Juste une rapide mise à jour sur la semaine passée, surtout passée à travailler, traîner et jouer aux cartes de toute façon.
Les évènements de la semaine, à part que la France a volé un Oscar (mais on lui en a volé un autre alors ca va), ce furent:
L'eclipse de Lune, que je n'ai même pas vu jusqu'au bout, mais qu'un copain est resté à prendre en photo pendant que nous autres allions voir Juno au cinéma (excellent d'ailleurs, si vous avez l'occasion...) Il avait tout un attirail prévu pour l'occasion, et les photos donnent assez bien.



Le lendemain ou surlendemain nous eûmes une chute massive de neige. Mais contrairement ou grésil fondant que j'avais vu jusqu'ici, celle-ci était légère et romantique, dans le genre de celle qu'on trouve dans les boules en verre, et aussi du genre à faire de belles boules. Les rues ont été dégagées prestement, trop pour pouvoir voir des gens sortir en ski malheureusement. Cependant quelques-uns ont quand même fait du snowboard dans le grand parc de la ville (je n'ai pas de preuve malheureusement) J'ai aussi marché sur de la vraie glace pour la première fois de ma vie (je n'étais pas trop serein à 5 ou 10 cm au dessus de l'eau même en voyant que plusieurs personnes avaient pris les devants)



On a tout de même profité du week-end pour visiter l'aquarium de la ville, assez grand et très joli. Un peu surpeuplé cependant...



Je met aussi des photos du bureau, avant peut-être de prendre le labo plus tard (et les gens qui y travaillent aussi, mais ces photos ont été prises à 9h du matin, pas une heure à sortir un physicien...)

Vous pouvez remarquer sur mon bureau une poche et un café de chez Dunkin Donuts. Alors là que les choses soient claires on peut bien se moquer de la gastronomie américaine, mais les Donuts c'est quand même quelque chose! Dur de s'en passer, rien que d'y repenser j'en salive...
Voilà je vais de ce pas grégariser à la soirée de la communauté française de Boston!
Ciao

mercredi 20 février 2008

suite

Oups, une semaine de plus.
Le stage commence a se lancer sérieusment, et j'ai maintenant une perspective assez claire de mon objectif (en tout cas de mon premier objectif, on peut toujours rêver d'une réussite incroyable me permettant d'enchaîner les expériences: le boss m'a annoncé qu'il avait 30 projets en réserve!)
Je n'ai pas posté de nouveau message par absence de nouvelle expérience touristique, le dernier week-end a été marqué par la glande et les actes manqués: 2 visites de musée avortées par renoncement devant une file trop importante, un temps de chien (et plutôt de Saint-Bernard), un peu de retour aux sources gastronomique... J'ai profité un peu des nombreuses boutiques de produits étrangers que l'on peut trouver deci-delà, pour m'offrir quelques plaisirs gustatifs (et les partager), à base de fromages et tomates séchées. Par ailleurs j'ai aussi fait comparer les crêpes françaises aux pancakes locaux à mes comparses, et obtenu une victoire par K.O. absolu à la 3ème reprise.
Je me suis aussi remis sérieusement au sport, piscine et football (enfin soccer pour se faire comprendre des américains) Tout cela occupe bien ma foi...
Je vais essayer de reprendre quelques photos pour la prochaine mise à jour. Ce week-end on va essayer d'être plus organisés pour arriver assez tôt dans les musées. L'affluence du week-end dernier nous a vraiment découragés, mais il faut dire que c'était pour les américains un week-end à rallonge, car lundi était le Presidents' Day, jour où l'on honore Washington et compagnie en ne travaillant pas. Enfin ne reconnaissant pas le président américain je suis quand même aller bosser...
See U

jeudi 14 février 2008

Vrais débuts

Cette semaine passe à une vitesse folle. J'ai commencé, enfin, à faire deux trois choses utiles au laboratoire, ou au moins à voir plus en détail les ficelles du métier comme me le demande le boss. Je décrirai dans un prochain message le principe de ce que je suis sensé faire, mais je ne suis pas encore très certain... Bref de fil en aiguille on a vite fait de passer 4 jours à bosser, manger, discuter sans trop penser à grand chose. J'ai découvert que le pub qui se situe dans le sous-sol du bâtiment fait la Guinness à 3 dollars (2 euros) L'echelle des valeurs sur les produits de consommation est assez étonnante ici. Un capuccino coute plus cher que la plupart des bières. On comprend mieux qu'ils en interdisent l'accès aux jeunes.
J'ai fini par trouver un vélo à acheter pour un prix dérisoire, avec quelques réparations à effectuer. Il me sera sans doute très utile à terme, mais je ne pense pas m'en servir énormément dans l'immédiat, vue la température et l'humidité ambiantes. Hier il a plu une quantité astronomique d'eau. Les rues étaient au bords de l'inondation, impossible de marcher au sec ou que ce soit, et bien sûr les automobilistes pouvaient asperger les pauvres piétons comme bon leur semblait (à quel c... ce mec attends que je l'attrape) On a quand même trouvé le courage d'aller se faire une toile le soir, surtout motivés par la gratuité de la séance (offerte aux élèves du MIT, je sais je me répète) A bien y regarder, on a mieux compris le but de l'opération: avoir quand même quelques spectateurs pour cette daube monumentale qu'est "Jumper". Un des films les plus creux de l'histoire d'Hollywood, et les références en ce domaine sont solides. Tout simplement pas de scénario, un ennui total, même pas divertissant, ce qui est le comble pour un film d'action. D'ailleurs même les scènes d'action étaient totalement loupées... Bref on aura surtout retenu le bon gros sac de Pop-corn et l'énorme Coca (1L) qui firent de ce film une véritable expérience américaine (hem hem).
Benjamin est arrivé à grand peine hier soir; il est même logé au même étage que moi, environ à la même distance qu'à Montrouge. Encore un peu et on reconstitue le B5. Avec le quatrième français (mon supposé futur coturne) qui doit arriver demain on sera juste ce qu'il faut pour jouer à la belote. Difficile d'apprendre l'Anglais dans ces conditions...
See U

dimanche 10 février 2008

Micro-climat

Eh bien comme je l'imaginais il est très facile de se laisser aller à ne plus rien écrire pendant quelques jours. Rien de très excitant ne s'est produit en fin de semaine, d'où mon relatif silence, cependant il est l'heure de se mettre à jour.
Mercredi fut relativement productif (en tenant compte du fait que personne de mon laboratoire n'était présent...) puisque j'ai réussi à me procurer un frigo, pour 10$ seulement (il y a tellement d'affaire a saisir ici que on est vite tenté par la course aux prix les plus bas) il ne marche pas trop mal, bien qu'il fasse des glaçons à partir de n'importe quel matériau. Et ce n'est pas tout puisque le même jour j'ai aussi pu me procurer un téléphone (instrument devenu tellement indispensable), en faisant jouer mon patriotisme européen (j'ai pris un Nokia avec un abonnement T-Mobile, alors qu'on ne m'accuse pas de dilapider des devises européennes hors du continent)
Bref ce fut passionant, et alors que j'espérais fébrilement me mettre au boulot avec le retour annoncé des chercheurs Jeudi et Vendredi, ils ne se sont pas montrés le premier jour, fatigués du voyage, et ont été encore moins efficace le Vendredi, arguant sans doute du fait que bon commencer une semaine de travail le Vendredi c'est même plus la peine... Tout cela m'a donc laissé du temps pour achever, et désormais je suis à peu près sur d'avoir tout fait, mon installation et toutes les formalités administratives qui s'en suivent.
Me direz-vous sans doute, il est dommage de n'avoir pas exploité tout ce loisir pour devenir un connaisseur profond de Boston, ses moeurs et ses coins secrets. Vous auriez raison de me tancer de la sorte, mais je vous répondrais avec un soupçon d'hypocrisie que les conditions de ces derniers jours ne m'auront pas permis de vaquer à ma guise dans les rues bostoniennes. Quel être normalement constitué (je veux dire par là né sous la Garonne) pourrait imaginer une telle quantité de neige tomber en permanence, avec des interruptions dignes d'éclaircies bretonnes (courtes et incertaines)?


Par exemple, j'ai tenté cet après-midi (dimanche), d'aller courir un brin du côté d'Harvard, et je suis parti, un peu la fleur au fusil, en simple short et T-shirt, car il faisait un très beau soleil à ce moment-là.
Funeste méprise, sitôt m'étais-je élancé qu'un vent terrible, froid comme la céramique de la baignoire quand on y colle son dos, souffla à contre sens. Cela aurait du éveiller mes soupçons, mais je continuai d'avancer fièrement, un peu dédaigneux des autres coureurs (en rangs clairsemés d'ailleurs) couverts jusqu'aux oreilles. Alors que je m'approchais de la digne institution universitaire, située à environ 3 kilomètres, quelques flocons commençèrent à voltiger deci delà, bientôt changés en véritable tempête. Après quelques instants d'hésitation, je fis demi-tour, mais il était déjà bien tard pour me rendre compte de mon erreur, et une volée de flocons gelés me frappa par le flanc, allant jusqu'à former des congères sur mon mince appareil. Mon bras droit s'en souviendra longtemps. Etrange coïncidence, le blizzard s'arrêta sitôt que je me fus, à grand peine, éloigné d'Harvard de plus d'un kilomètre, un beau soleil éclairant la fin de mon footing. Artifice technologique destiné à éloigner les curieux, manifestation extrême de la solitude glacée des sommets intellectuels, ou simple coup de malchance, je ne saurais le dire.
Las, ce pays n'est pas le mien.
Cependant j'ai mis ces quelques jours à profit pour exploiter un peu les superbes installations communes mises à notre disposition, dont voici un petit exemple: billard, Home Cinéma avec DVDs gratuits à volonté, baby-foot, ping-pong, piano, immense laverie, même un club de gym, et un bar! Difficle d'imaginer ça à Montrouge...



Hier j'ai quand même pu aller au Museum of Fine Arts. Apparemment fine arts c'est de l'archéologie, en tout cas c'est ce que l'on trouve principalement dans ce musée. On y trouve aussi des pièces locales...


Bien sur l'entrée est gratuite pour les élèves du MIT, comme dans tous les musées de la ville et même à l'orchestre symphonique! On est choyés...

Comme j'apprends qu'on me lit jusqu'à Cauzac, j'ai fait un peu plus littéraire, désolé pour le côté prétentieusement expansif (mais bon je sors de Proust et je suis sous caféine...) Je vous embrasse tous.


See U

mardi 5 février 2008

Super Tuesday

Au cas ou vous ne l'auriez pas remarqué, aujourd'hui était Super Tuesday en Amérique, le jour où 22 états désignent leurs délégués pour l'élection des candidats à la présidence. Concrètement, cela s'est surtout traduit par des bénévoles d'Obama faisant de la réclame dans les rues (vainement, Obama étant donné perdant à l'heure où je parle) et une légère nervosité dans l'air et les conversations.
Cependant pour les français du MIT l'évènement de la journée ce n'était pas la primaire dans le Massachusetts mais la venus sur nos terres de notre aimable ex-candidate à la présidence française, j'ai nommé Ségolène Royal, qui venait sentir l'air de la Nouvelle-Angleterre et s'enquérir du fonctionnement des universités américaine. Elle fera d'ailleurs une autre intervention à Harvard Jeudi.
Annoncée à 16h, Ségolène a tenu a respecter le sacro-saint quart d'heure poitevin (encore que Poitevin, le seul, l'unique est d'une ponctualité exemplaire) et a été accueillie a 16h20 environ par une foule nombreuse principalement francophone réunie en amphithéatre.


Après courte présentation, elle a lu un discours en Anglais avec un accent bien frenchy qui n'est pas sans rappeler celui de notre grandiose monarque ("oui are appy to laite you mec monet in france and of course to maïke monet wis you" http://www.youtube.com/watch?v=_Vq_1xt6vuY). Au passage remarquez ses perfides attaques vis-à-vis des grandes écoles (des aristocrates non mais et puis quoi encore...)


Après ce discours d'une demi-heure se tenait une séance de question raccourcie par la principale intéressée, apparemment désireuse de voir autre chose de Boston que ses étudiants français (ses restaurants ? en même temps on la comprend) Il y quand même eu le temps pour un certain nombre de questions aux réponses souvent assez vagues (même si on a bien compris qu'elle a été très impressionnée par le système américain et la liberté qui lui est associée, d'après elle) dont une question sur le renouveau (?) de l'opposition en France.


Coupant court a une série de question dont elle ne semblait pas voir la fin (des étudiants intéressés c'est sympa mais c'est agaçant à la fin) elle a achevé la réunion par un bain de foule inévitable, l'occasion de prendre quelques photos (et de lui adresser la parole pour dire que le sort des doctorants en France m'enfin c'est un vrai scandale! -Oui, oui vous avez raison, mais je dois y aller là...)




Buena Serra